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We are a Christian  non-profit organization. We organize events, generally in Quebec, which are a combination of a spiritual retreat, hiking, and pilgrimage.

Nous sommes un organisme sans but lucratif chrétien. Nous organisons des sorties, principalement au Québec, qui allient retraite spirituelle, randonnée pédestre et pèlerinage.

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Pratique biblique et actuelle du Pèlerinage

 

Cet article présente le fondement biblique du pèlerinage et sa pratique dans l'histoire. Il propose une application biblique du pèlerinage pour le chrétien protestant. L'auteur met en lumière la pertinence d'un projet de pèlerinage aujourd'hui et la forme que cela peut prendre.

 

Introduction

 

Le concept de pèlerinage est ancré dans l’histoire du salut, des Patriarches à l’histoire même d’Israël lors de l’exode, alors que le peuple dû marcher en direction de la terre promise à travers le désert sous la conduite de YHWH, et conséquemment Jérusalem. Les évangiles nous présentent la montée de Jésus, qui débutât à Césarée de Philipe, lors de la proclamation de Pierre, afin d’atteindre Jérusalem pour y être élevé. La pratique même au cours de l’histoire prit différentes formes; des grands moments de l’histoire d’Israël, aux pèlerinages juif vers Sion lors des nombreuses fêtes, aux voyages maintenant organisés en Terre sainte, en passant par les différents lieux de pèlerinage comme Compostelle qui parsème l’Europe. Il est pourtant étonnant que de nos jours, la pratique et le concept de pèlerinage soient presque totalement absents de la pratique, ainsi donc de la spiritualité protestante; si ce n’est de la visite de l’Israël d’aujourd’hui.

 

1.       Fondement Biblique et Réflexion Théologique

 

Le concept de pèlerinage est relativement large, nous tenterons d’en identifier les contours. En général, le concept est attribué à des voyageurs en terre étrangère qui retournent chez soi. La métaphore la plus établie se retrouve dans le cycle de la vie qui conduit à la mort; qui est en soi un pèlerinage[i]. La Bible attribue une terminologie relativement flexible lorsqu’elle véhicule le concept de pèlerinage, nous nous attarderons aux principales.

                     I.         Le terme hébreu commun pour véhiculer l’idée provient de la phrase qui est interprétée littéralement par « le pays où tu séjournes en immigré » (ereṣ meḡûrîm, paroirō dans la LXX), nous constatons aussi l’usage en GN. 47,9 où il est mention du cycle total de la vie et de l’expérience (zōē); parallèlement en Ps. 119,54, où « la maison où je séjourne en immigré » est vue comme « le corps mortel à travers son existence terrestre »[ii]. Le sens métaphorique souligne la brièveté de la vie[iii]. Dans tous les cas et contextes; le terme pèlerin est à propos.

                   II.         Tout comme dans le vœu de Jacob en GN. 28,20, qui utilise plutôt; «la route» ou «la voie» (derek); qui signifie métaphoriquement la manière de vivre des êtres humains[iv]. Utilisés dans l’Ancien Testament pour traduire plusieurs réalité; Il en ressort le concept fondamental de la présence de Dieu au sein de son peuple et la direction qu'il lui apporte, particulièrement souligné l'exode hors d'Égypte (Ex 19.1; Nb 33.38; Dt 23.14; 1 R6.1; Ps 105.38), mais aussi en vue du grand événement eschatologique (Es 40.3; Es 49.11; 62.10)[v].

               III.         Dans le NT, la métaphore de la voie reçoit des développements importants, en particulier chez Luc qui centre la proclamation du salut sur l'accomplissement en Jésus-Christ de la promesse d'un nouvel exode et le retour de l'exil selon Es 40-55 (Lc 1.16-79; 2.30; 3.4-6; 4), tout comme en Mathieu qui donne un sens sotériologique : la voie qui mène à la vie commence par l'accueil du message de Jésus[vi]. Luc est peut-être celui qui se rapproche le plus du sens de pèlerinage en inscrivant dans son évangile la longue voie de Jésus qui le mène aux villages de Galilée, d'où il se met en route en Lc 9.57; jusqu'à son arrivée à Jérusalem, comme retour du roi (Lc 19.36; Me 11.8-10; Mt 21.8). Jean quant à lui nous donne l'interprétation christologique de la voie : nous voyons Jésus vers la fin de son ministère déclarer; Je suis le chemin et la vérité et la vie. (Ἐγώ εἰμι ἡ ὁδὸς καὶ ἡ ἀλήθεια καὶ ἡ ζωή, Jn 14.6).

                 IV.         Tout comme “la marche” proprement parlée du pèlerin; qui peut être considéré comme représentatif de l'ensemble de l'activité humaine, de son comportement et ainsi à l'attitude que Dieu adopte à l'égard de l'homme (Lv 26.23-24)[vii]. Le concept de marche sert symboliquement pour l'observation stricte d'une nouvelle façon de vivre; ce sens employé généralement le plus souvent dans les épîtres, où le contraste est fait entre le comportement des croyants avant de connaître le Christ et la marche (pepipatéo) à laquelle ils sont maintenant appelés par la foi en Christ, où le baptême marque la frontière entre les deux marches (Rm 6.4)[viii].

                  V.         Dans le Nouveau Testament, les termes de pèlerinages (paroikos et parepidēmos et leurs dérivés) sont plus incorporés dans la vie civile et dans les obligations de la communauté adoptive. Nous le voyons particulièrement en 1 P 1,1 des “choisis et qui vivent en étrangers” (eklektoi parepidēmoi); leurs statuts politiques est une métaphore pour souligner le fait qu’ils sont les pèlerins de Dieu : des personnes maintenant dans la chaire, mais qui sont choisit pour la vie éternelle en Jésus-Christ, donc fondamentalement différentes de ceux du monde ayant un attachement et une allégeance à une tout autre sphère d’influence, tout comme l’utilisation en 1,17 du “séjour sur la terre” (paroikia), qui est essentiellement un pèlerinage[ix]. Notons aussi l’usage dans Hébreux 11,13; “étrangers et résidents temporaires sur la terre” qui véhicule bien l’idée que l’existence terrestre est l’ombre des vraies choses (Ps. 39,12; 1 Ch. 29,15 et particulièrement 1 P 2,11).

                 VI.         Ainsi, le concept de pèlerinage comme voyage à motif religieux et obligation vers un lieu sacré, comme celui d’Abraham au mont Moriah est bien connût, mais l’écriture ne contient pas de terme technique à proprement parlé pour le concept; mais tout endroit prompt à la vénération est sujet à attirer les pèlerins comme l’Ancien Testament le démontre; les fêtes à Jérusalem et particulièrement au temple, qui sont bien établies au temps de Jésus (Lc 2.41)[x].

En quelque sorte, le pèlerin est un croyant qui embarque dans une épopée avec l’espoir de rencontrer Dieu, d’une manière renouvelé. Finalement, nous voyons que la voie du pèlerin est ultimement en Jésus-Christ et celle de Jésus-Christ, celle qu’il a prit lui-même, et à laquelle il nous invite à le suivre comme pèlerin; le pèlerinage est en soi ancré dans la vie présente et eschatologique, le maintenant et le pas encore, car nous sommes appelé à suivre Jésus en esprit et en vérité dans notre nouvel exode vers la Jérusalem céleste et non pas en une destination terrestre.

2.       Considération Pratique

2.1.      Pratique dans l’histoire

                     I.         Comme nous l’avons vue rapidement, l’Ancien Testament regorge d’histoire associée au grand thème de l’errance du peuple de Dieu, du pèlerinage proprement dit, ces épisodes ne sont pas seulement des allégories de notre propre marche spirituelle, elles sont centrales dans les premières étapes du plan de Dieu pour la rédemption. Tout comme les visites à Jérusalem et au temple pour les fêtes juives, qui étaient un lieu saint où la sainteté de Dieu se révélait et où l’on venait offrir à Dieu son adoration.

                   II.         Au commencement de l’ère chrétienne, le concept même de pèlerinage religieux vers un lieu sacré est révolu en la personne de Jésus, car dans l’union avec son église, il constitue le nouveau temple, où Dieu demeure en esprit (1 Co 3.11-17; Ep 2.18-22), en somme; Jésus remplace les institutions culturelles de l’Ancien Testament, donc la présence de Dieu n’est plus liée à aucun lieu sacré; ainsi quand Jésus dit à la Samaritaine : « Femme, crois-moi, l'heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père » en Jn 4.21, il annonce plutôt la nouvelle manière d’adorer : en esprit et en vérité[xi]. C’est pourquoi jusqu’au 7ième siècle, à l’arrivé des musulmans, la plateforme du temple est resté déserte, comme signe de la réalisation de la prophétie de Jésus[xii].

                  III.         Mais très vite dans l’histoire chrétienne, le culte, comme la vie chrétienne; s’extériorise, surtout à partir de la reconnaissance de la religion chrétienne comme religion d’État de l’Empire romain! Les lieux sacrés se multiplient, particulièrement ceux qui font partie de la vie de Jésus, mais également sa mort, dont son tombeau. Il est intéressant de noter qu’appart la simple référence en Actes 13,29; la tombe de Jésus n’est nullement mentionnée au premier siècle, comme le soulignent Bartholomew  et Hughes[xiii].

                 IV.         C’est, par contre, au Moyen âge que la pratique du pèlerinage prend une tournure et une toute autre ampleur; les lieux sacrés se multiplient en Europe, ils sont pour la plupart des anciens lieux de cultes païens (arbres, souche et roché), mais aussi l’attribution de miracle à ces tels lieux, ainsi il se développe une affinité des pèlerinages avec les valeurs de la religion populaire[xiv]. Les sanctuaires nationaux et locaux se multiplient et remplacent graduellement le pèlerinage vers l’Orient et Rome, de même qu’une incroyable frénésie de relique sacrée et de trésor sacré des origines du christianisme (les clous de la croix, le Saint Graal et autres relique mythique) ainsi que la création de plusieurs corps saints et autre invention[xv]. Le pèlerinage devient une convoitise en quête de miracle, pour certain il devient une forme de solitarisme pour se sauver des responsabilités[xvi]. Pour la plupart, par contre, le pèlerinage devient une méthode pour garantir sont salut ou pour voir pardonner des péchés spécifiques avec l’arrivé de la pratique de la pénitence, tout comme celle des croisades pour reconquérir la Terre sainte[xvii]. Le pèlerinage devient un accomplissement mesurable et une excuse pour voir le monde.

                  V.         Aujourd’hui, ceux qui entame des pèlerinages vers les sites traditionnels comme la Terre-Sainte ou Compostelle peuvent ne pas se considérer religieux, mais bien plutôt comme des étrangers qui veule faire une expérience traditionnelle avec des destinations chrétiennes sacrées comme but. Le pèlerinage devient du tourisme proprement dit, pour assouvir les intérêts historiques et artistiques. On note maintenant plus de 6000 lieux de pèlerinage en Europe occidentale générant plus de 60 millions de visites religieuse par années[xviii]. Le Québec aussi regorge de lieux de pèlerinage, alors même que l’institution d’ici réglementa davantage les lieux, nous en dénombrons une centaine.

En sommes, nous pouvons affirmer qu’en quelque sorte, les chrétiens ont depuis toujours séjourné en pèlerinage, alors même que d’un côté ils ont affirmé le caractère obsolète des lieux sacrés, de l’autre; ils ont considéré le pèlerinage vers des lieux où Dieu a été ou a agit comme étant une composante de la spiritualité chrétienne; partant à la rencontre de Dieu à des endroits qu’Il s’est montrés accessible. Même les anthropologistes s’accordent pour accorder un titre universel à cet instinct de pèlerinage, toutes les sociétés ont le concept de lieux sacré et le fait même du pèlerinage remplit des fonctions dans la vie de l’individu et dans la société; aujourd’hui le pèlerinage est en soi un mélange entre les pratiques médiévales et postmodernes qui offre des histoires de saint et de Dieu interagissant avec des gens bien ordinaires[xix].

 

2.2.      Vers une Pratique Biblique

 

D’emblée, les protestants ne vont pas en pèlerinages, du moins pas selon la conception générale, mais en réalité; plusieurs vont en effet en pèlerinage alors même qu’ils n’utilisent pas le terme : la majorité des visiteurs en terre sainte, où même les visites vers des lieux sacrés de l’antiquité ou contemporaines, sont des protestants qui choisissent plutôt d’ignorées l’idéologie derrière la pratique du pèlerinage et nomment plutôt leurs voyages comme étant une recherche ou quelque chose de semblable totalement neutre.

Tout ceci résulte, en grande partie, des critiques contre la pratique qui trouve son origine à la réforme du 16ième siècle, mais il est néanmoins important de réaliser que la critique trouve son origine bien avant la réforme; à l’époque patristique, Grégoire de Nysse (331-394) était très verbal contre la pratique, ainsi qu’au moyen âge plusieurs figures dont Thomas  Kempis (1380-1471), Jan Hus et Érasme de Rotterdam ont tous critiqués la pratique avec ses fondements théologiques inconsistants et la morale douteuse associée principalement aux méthodes médiévales[xx]. Ainsi la pratique est fortement critiquée à la réforme, Luther en est le plus grand dénonciateur, beaucoup étaient à faire pour éradiquer les abus, suivi de Calvin, mais aussi de nombreux réformateurs magistraux contribuaient à la critique. Ce qu’il est important de noter est que l’accent de leur critique était contre l’abus de la pratique, plutôt que du concept de pèlerinage.

Ce qui ouvre la voie à une réflexion actuelle protestante et biblique, qu’est-ce que peut être une approche responsable et théologique de la pratique même du pèlerinage? Alors même que nous devons écarter les mérites d’une telle aventure comme bonnes œuvres en faveur du salut ou de se voir forcer la main de Dieu d’une quelconque manière; il est alors possible de s’engager dans un pèlerinage qui ne porte en soi premièrement aucun attribut spécial envers Dieu, que les endroits ne sont pas spéciaux en eux-mêmes et que ceux qui restent chez eux ne manquerons pas un aspect fondamental de leur foi et de leur adoration.

Il reste néanmoins un paradoxe au cœur même du pèlerinage comme le note Bartholomew et Hughes: un pèlerin par définition s’aventure dans la recherche d’une connaissance, d’une expérience et d’une relation avec Dieu plus profonde, alors que le résultat du pèlerinage est plutôt le sentiment renforcé que Dieu peut être rencontré en tout lieu; depuis la venue de l’esprit, Dieu est ou son peuple se trouve (1 C 3.16; 6.19)[xxi].

Il est alors plus sage de recentrer le discours du pèlerinage, non sur des voyages vers des lieux saints comme au temps du Moyen Âge, mais plutôt en la vie chrétienne, qui est vécue en anticipation de la cité céleste, du berceau au tombeau. Ainsi le pèlerinage retrouve son premier sens et usage respecté; les protestants depuis Luther et Calvin ont explorés cette métaphore, particulièrement dans l’ouvrage de John Bunyan : Le Voyage du pèlerin (1678-79). Cette idée de la vie, mais plus spécifiquement celle de la vie chrétienne comme pèlerinage lui donne tout son sens et sa direction, et l’oriente vers l’avant, vers l’eschaton plutôt que sur le présent.

Le concept même de pèlerinage retrouve tout son sens dans une société postmoderne, matérialiste et individualiste où les gens ont perdu tout sens du but et de la destination de la vie; en ancrant plutôt l’existence dans ses racines bibliques, en ce sens l’imagerie biblique du pèlerinage rappelle l’anticipation, l’espérance et l’espoir plutôt que le contentement et la complaisance[xxii].

Le pèlerinage peut être une expérience équilibrée de voyage en des endroits à connotation spirituelle ou à intérêt historique comme moyen de restauration du sens de la vie chrétienne comme pèlerinage; retrouver le sens d’être un étranger en des lieux inconnus, permet une évaluation saine de la vie dite normale qui est trop souvent enfermée dans une routine. Tout comme le fait de voyager avec une destination en tête, que ce soit à Jérusalem ou autre, devient la réaffirmation de l’espérance de l’arrivée dans la cité céleste, dans la promesse d’une nouvelle Terre et de nouveaux cieux.

En soi, il est important de se réapproprier le rôle et la notion même de pèlerinage comme métaphore; sans quoi l’exercice se transforme vite en vacance pour nous faire oublier le travail et les autres réalités qui nous attendent dans notre quotidien, le pèlerinage doit devenir une expérience qui permet de réévaluer la vie et la réorienter vers sa vraie identité et but; de glorifier Dieu dans la marche dans sa voie qui nous mène à la Jérusalem céleste.

Ainsi, pour l’articulation de tout projet de pèlerinage, il nous faut placer les assises qui nous permettent une pratique saine dans le cadre de l’expérience comme culte acceptable. D’abord avec des avertissements.

·       Le voyage en lieux saints, ainsi que tout pèlerinage, n’est ni nécessaire, ni une condition pour être un bon chrétien.

·       Le pèlerinage est pratiquement synonyme d’une pratique commerciale, surtout en Israël, mais sans si limité, ce qui ne l’invalide pas totalement, mais il en nécessite un sérieux regard sur nos motifs[xxiii].

·       La foi chrétienne n’est pas territoriale, elle n’est pas à propos de conquête des terres ou d’empire, mais plutôt elle est à propos de la justice et la grâce de Dieu qui vient embraser le monde entier par le règne de Dieu en Jésus-Christ[xxiv], cet aspect est particulièrement vrai à propos du Moyen-Orient.

Ceci dit, nous pouvons ainsi en ressortir des propositions qui contribuent à la pratique.

·       Le pèlerinage, en particulier dans les lieux bibliques, mais aussi en des lieux en dehors de notre quotidien, à un rôle important dans le ministère de l’Éducation chrétienne, avec un nouveau regard sur des aspects d’histoires bibliques, le fait d’être réellement présent, étant des êtres sensoriels, contribue d’une manière spéciale à notre compréhension et notre émerveillement.

·       Il est un stimulus puissant et une invitation à la prière, à plus forte raison dans des endroits magnifiques de la création ou même en Terre Sainte ou Dieu s’est révélé.

·       Alors même que nous avons noté que le pèlerinage n’est pas nécessaire ou suffisant pour la vie chrétienne, la pratique peut et doit être l’occasion de grandir et d’approfondir notre vie de disciple. En sortant de notre chez soi, vers des lieux qui nous est étranger, à la recherche de l’inconnu, une expérience comme celle d’Abraham qui devient un acte de foi, en préparation pour d’autre : nous sommes invités, comme le souligne N. T. Wright; à se joindre à Abraham et à l’autre Saint du livre d’Hébreux, dans le grand pèlerinage[xxv]. 

Tout comme la référence à la Jérusalem céleste, la réalité future est déjà présente dans la création, en considérant le pèlerinage comme métaphore, du pèlerin qui progresse à travers la vie présente vers la vie à venir; le pèlerinage peut ainsi devenir un culte et notre expérience présente dans la vie un moyen de grâce[xxvi].

 

3.       Articulation d’un projet de pèlerinage

 

Ayant posé les assises de tout projet de pèlerinage, nous pouvons en articuler les détails. Il est possible d’organiser un pèlerinage en tout lieu et en toute saison. Une activité organisée en terre sainte est en soi un événement unique, mais reste extrêmement dispendieuse. Nous pouvons facilement organiser un pèlerinage ici même et dans les environs; cette courte activité présidée par un accompagnateur, dirigera le groupe dans des réflexions christocentriques qui encourage l’adoration en milieux naturels.

Un culte entier peut ainsi être pratiqué à l’extérieur, ce qui n’est pas sans rappeler que Jésus lui-même assistait aux cultes à l’intérieur des synagogues, mais la plus grande partie de son ministère était extérieures; nous pouvons retrouver cet aspect libérateur lors de pèlerinage en groupe dans de tels lieux. Ce qui à aussi l’avantage de renforcer l’esprit de corps, car nombreux sont ceux qui ne sorte pratiquement jamais de la ville et ne possèdent pas nécessairement de voitures, les gens sont encouragés à voir la création d’un nouvel angle et à partager le voyage entre frères et sœurs.

Nous pouvons aussi organiser des pèlerinages plus longs, de plusieurs journées à travers différents circuits, dont certains en forêt ou en montagne. Le pèlerinage aussi bien conçu peut être conduit avec l’aide d’un accompagnateur et un programme dirige les participants dans différente sphère du culte communautaire et personnel. Différentes disciplines spirituelles peuvent être développées, ou autre activité sous la tutelle d’un thème relié à la métaphore du pèlerinage biblique. L’activité en groupe renforce ainsi le groupe dans leur rapport et dans l’entraide. Le groupe peut aussi se retrouver à la fin de chaque étape pour s’édifier avec les expériences de chacun à travers le pèlerinage, ce qui peut mener à une destination finale où le groupe peut former un culte plus traditionnel avec chant, prédication et sacrement.

 

4.     Quelques conclusions pratiques

 

Dans toute articulation de projet de pèlerinage, la critique de la réforme envers le pèlerinage doit néanmoins être encore entendu, encore plus aujourd’hui, comme avertissement contre les failles spirituelle et théologique du la pratique du 21ième  comme celui du 16ième siècle. Il est par contre important de réaliser que la critique n’empêche pas la pratique, il est possible de redécouvrir la pratique du pèlerinage d’une manière biblique responsable, qui fortifie la foi et la compréhension du Christ enracinée dans la vie chrétienne comme pèlerinage vers la nouvelle création. Nos espoirs et nos prières vont à ceux qui partiront en pèlerinage, qu’ils puissent bien utiliser les moyens que Dieu leur donne ainsi que leur temps dans leur périple : qu’ils apprennent de nouvelles choses, qu’ils pratiquent de nouvelles prières, qu’ils approfondissent leur connaissance, qu’ils cheminent davantage dans leur vie de disciple qui les mène de la ville terrestre à celle à venir; de persévérer leur marche dans la voie du seigneur Jésus-Christ.

 

 

 

[i] D. R. W. WOOD, Howard I. MARSHALL, « Pilgrimage »,  New Bible Dictionary. 3rd ed. ,Downers Grove, Illinois, InterVarsity Press, 1996.

[ii] Loc.cit.

[iii] Loc.cit.; Nous rencontrons deux termes techniques pour un résident étranger de la même racine hébreu : meḡûrîm, et tôšāḇ; le premier implique une plus longue association alors que la seconde est plus courte, il y a donc différence d’intensité, mais les deux mettent une emphase sur la transition; la LXX utilise le terme paroikos pour la première, alors que les moments plus joyeux son rendu par parepidēmos (Ps. 39,12; en 1 Ch. 29,15 le terme est substitué par katoikountes en lieu de parepidēmoi).

[iv] Le concept même de la voie; en hébreux derek, nfsïllàh, ma'âggâl, nâtîblnHïbâh, aura, traduit en grec par homos et leurs emplois métaphoriques, sont particulièrement importants pour notre recherche.

[v] « Voie », Le Grand Dictionnaire de la Bible, OR, Charols, Excelsis, 2004, p. 1721., et  D. R. W. WOOD, Howard I. MARSHALL, « Pilgrimage »,  New Bible Dictionary. 3rd ed. ,Downers Grove, Illinois, InterVarsity Press, 1996.

[vi] D. R. W. WOOD, Howard I. MARSHALL, « Pilgrimage »,  New Bible Dictionary. 3rd ed. ,Downers Grove, Illinois, InterVarsity Press, 1996.

[vii] « Marcher », Le Grand Dictionnaire de la Bible, OR, Charols, Excelsis, 2004, p. 1002.

[viii] ROGERS, Cleon L. Jr. et ROGERS, Cleon L. III., The New Linguistic and Exegetical Key to the Greek New Testament, Grand Rapids, Zondervan, 1998. 752 p. 327.

[ix] Ibid., p. 566.

[x] D. R. W. WOOD, Howard I. MARSHALL, op.cit.

[xi] David PETERSON, En Esprit et en vérité, Charols, Excelsis, 2005, p. 103.

[xii] Craig G. BARTHOLOMEW, Fred HUGHES, Explorations in a Christian Theology of Pilgrimage, Aldershot, Ashgate Publishing, 2004, p. 90.

[xiii] Loc.cit.

[xiv] Pierre BOGLIONI, Benoît LACROIX, op.cit., p. 8.

[xv] Ibid., p. 9.

[xvi] Craig G. BARTHOLOMEW, Fred HUGHES, op.cit., p. 100.

[xvii] Cyrille VOGEL, Le Pécheur et la pénitence au Moyen-âge, Charols, Paris, Les éditions du Cerf, 1969, p. 34.

[xviii] Craig G. BARTHOLOMEW, Fred HUGHES, op.cit.,, p. 103.

[xix] Ibid., p. 102.

[xx] Ibid ., p. 110.

[xxi] Ibid., p. 124.

[xxii] Ibid., p. 125.

[xxiii] Tom WRIGHT, The Way of the Lord: Christian Pilgrimage Today, Grand Rapids, Wm. B. Eerdmans Publising Co., 1999, p. 9.

[xxiv] Loc.cit.

[xxv] Ibid., p. 11.

[xxvi] Loc.cit.

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